Ensemble, faisons entendre la voix du secteur et défendons la jeunesse !
Partout en Wallonie et à Bruxelles, des associations (Écoles de Devoirs, Centres de Jeunes, Organisations de Jeunesse, etc.) accueillent quotidiennement des milliers d’enfants et de jeunes. Elles soutiennent les familles et proposent des activités variées : ateliers, pratiques artistiques, espaces de rencontre, échanges internationaux, aide scolaire, week-ends nature. Ces structures font partie intégrante du quotidien des jeunes et des familles.
Menaces actuelles sur les associations
Les nouveaux gouvernements multiplient réformes et coupes budgétaires, mettant en danger ces structures. Les associations subissent une réduction des moyens, des contraintes accrues et une incertitude sur la pérennité de leurs actions. Les mesures, prises à tous les niveaux de pouvoir (fédéral, régional, Fédération Wallonie-Bruxelles), réduisent les financements, alourdissent les charges et fragilisent les soutiens locaux, créant un effet domino qui affaiblit tout le secteur.
Risques d’une crise sans précédent
L’accumulation de ces décisions politiques place les associations face à des choix difficiles : réduire leurs activités, augmenter les coûts pour les familles et/ou diminuer le personnel. L’effet combiné des mesures entraîne une perte considérable de moyens, menaçant non seulement les ressources humaines, mais aussi le fonctionnement global du secteur.
Conséquences pour les enfants, les jeunes et les familles
Ces mesures menacent directement la viabilité de ces associations et risquent d’aggraver les inégalités, en réduisant l’accès à des espaces essentiels d’apprentissage, de rencontre et d’émancipation.
Absence de dialogue et de concertation
Les décisions sont prises de manière unilatérale, sans consultation des acteurs de terrain, ignorant leur expertise et leur réalité quotidienne. Les annonces ministérielles, sans concertation ni temps d’adaptation, créent une pression insoutenable pour les équipes associatives.
Appel urgent des associations
Les associations tirent la sonnette d’alarme et demandent aux responsables politiques d’adopter une vision d’ensemble, de mesurer les effets combinés de leurs décisions et de garantir le maintien des associations, des emplois et des lieux d’accueil. Elles insistent sur la nécessité de réformes fondées sur le dialogue, la progressivité et des moyens adaptés, pour avancer sans détruire et transformer sans sacrifier.
Dans un tel contexte, la FMJ participe à la campagne « ASSOCIATIONS EN DANGER ».
Lancée en octobre 2025, cette campagne est une initiative portée par les secteurs de l’Enfance et de la Jeunesse. Elle a déjà rassemblé des centaines d’acteurs autour de plusieurs temps forts :
- L’affichage des visuels dans les associations
- La diffusion massive sur les réseaux sociaux
- La mobilisation dans le cadre de la manifestation du 14 octobre dernier à Bruxelles
Début novembre 2025, les mesures annoncées ont confirmé nos inquiétudes, et le secteur jeunesse s’est mobilisé dans le cadre de « l’opération cartes postales ».
Cette action collective importante vient de se clôturer avec l’interpellation directe de la Ministre Valérie Lescrenier à travers 2 temps forts :
- Le 01.12, Saint-Nicolas, accompagné d’une délégation représentative du secteur a pu déposer les 3.500 cartes réalisées grâce à la mobilisation de nombreuses associations Enfance et Jeunesse,
- Le lendemain, les interpellations parlementaires en Commission.
Grâce à notre mobilisation, la parole du terrain s’est donc imposée en commission Enfance-Jeunesse et les interpellations ont permis d’installer un véritable rapport de force. Bien qu’un recul de la Ministre sur les mesures visant le secteur Jeunesse nous paraissait, à ce stade, peu probable, nos objectifs étaient clairs :
- Nous imposer comme un interlocuteur incontournable,
- L’amener à se positionner publiquement sur son projet pour nos secteurs sur l’ensemble de la législature,
- Et attirer son attention sur les effets cumulés des politiques menées à tous les niveaux de pouvoir.
Cette pression collective l’a effectivement contrainte à se justifier publiquement et à répondre à une série de questions restées en suspens depuis trop longtemps.
Quelques éléments clés à retenir :
- Le diagnostic posé par la Ministre sur notre secteur
Dans ses constats sur notre secteur, la Ministre a rappelé que le champ de la jeunesse compte environ 300 associations et que le principe du « par et pour les jeunes » reste, selon elle, le fondement et la singularité du modèle. Elle a toutefois pointé un paradoxe qu’elle juge préoccupant : alors même que tout repose sur la parole, la participation et l’engagement des jeunes, certains d’entre eux affirment ne pas être suffisamment écoutés. Elle s’est dite interrogative sur les dysfonctionnements qui subsistent dans l’organisation actuelle du secteur. La Ministre a annoncé vouloir construire une action plus cohérente et plus lisible en matière de politique jeunesse.
- Cadre budgétaire
- Pour le Secteur Jeunesse
Pas grand-chose de neuf. Sans surprise, la Ministre a rappelé les mesures déjà annoncées en octobre. Elle s’est justifiée au regard de la situation budgétaire de la FWB et de la nécessité d’échapper à l’enlisement de la dette. La Ministre a gardé sa ligne. Elle a voulu avant tout insister sur la préservation des subventions allouées aux associations ainsi que le maintien de l’indexation des subventions pour les organisations de jeunesse et les centres de jeunes. Elle a rappelé les deux mesures touchant toutefois les Organisations de Jeunesse avec la réduction des détachements pédagogiques à partir de septembre 2027 et la suppression du financement des organisations de jeunesse dites politiques dès janvier 2027.
- Au niveau transversal
La Ministre a dit avoir pu entendre certaines inquiétudes exprimées concernant les mesures prises également par d’autres compétences ou niveaux de pouvoir et leur effet cumulé. Nous comptons bien l’interpeller sur cette question et les actions qu’elle compte entreprendre pour effectivement garantir les moyens de fonctionnement au secteur jeunesse.
- Moratoire 2026–2027 et modernisation du secteur
La Ministre a indiqué que la Déclaration de politique communautaire prévoit, pour le secteur jeunesse, une phase de modernisation, de clarification et de simplification administrative.
La simplification administrative vise, selon ses propos, à permettre aux opérateurs reconnus de recentrer leurs ressources sur leurs missions essentielles avec l’objectif de faire moins d’administration et plus d’animation, plus d’action. Par ailleurs, elle a rappelé que les textes réglementaires qui structurent aujourd’hui le secteur ont entre 15 et 24 ans et qu’ils nécessitent une actualisation profonde pour répondre aux évolutions sociétales, aux pratiques émergentes des jeunes et aux transformations des structures qui les accompagnent. Avant de développer de nouveaux dispositifs, elle estime indispensable de revoir et de « challenger » l’existant.
C’est dans ce cadre qu’elle justifie la mise en place du moratoire pour les années 2026 et 2027, présenté comme un outil permettant – tout en préservant l’acquis – d’offrir le temps nécessaire pour engager une modernisation cohérente et concertée. Elle a précisé qu’elle fera sans tarder la présentation de la trajectoire jeunesse qui reprendra les priorités qu’elle souhaite porter pour répondre aux enjeux exprimés par les jeunes.
Elle a cité comme grands marqueurs de cette trajectoire la volonté de mieux valoriser l’engagement des jeunes, de soutenir le secteur et les jeunes face aux défis du bien-être et de la santé mentale, de renforcer l’éducation aux médias ainsi que d’accompagner et d’étendre les dynamiques de camps pour les mouvements de jeunesse. Il aura fallu attendre près d’un an et demi pour que la Ministre revienne vers le secteur avec des éléments tangibles !
Pour la réalisation de ces chantiers, la Ministre a apporté quelques précisions sur la méthodologie de travail qu’elle souhaite mettre en place. Concrètement :
- Elle a évoqué une consultation du terrain, des jeunes et des acteurs de première ligne ainsi qu’un travail en groupes restreints mais représentatifs du secteur afin de rester opérationnels tout en garantissant une diversité de profils. Elle a également parlé d’une structuration du processus par étapes permettant d’anticiper les blocages, d’acter les avancées.
- Elle a insisté sur la volonté d’organiser des allers-retours constants avec le terrain, en s’appuyant sur l’expertise des acteurs ainsi que sur une validation politique à différents moments-clés pour permettre des ajustements éventuels. Enfin, elle a évoqué la mise en place d’une traçabilité de l’avancée des travaux afin de renforcer la transparence et la coordination entre les acteurs.
- Elle a précisé que, même si tous les acteurs ne seraient pas présents dans l’ensemble des groupes de travail, chacun devra pouvoir être partie prenante du processus via des consultations, des appels à candidatures et des retours collectifs. Elle a enfin rappelé que la volonté de simplification et d’optimisation est demandée par le secteur et qu’elle souhaite l’accompagner d’un dialogue constant afin d’éviter des décisions descendantes ou déconnectées du terrain.
Pour la suite :
- Le budget 2026 sera adopté le 15 décembre, lundi prochain. Les organisations syndicales appellent à une mobilisation spontanée de l’ensemble des secteurs enfance et jeunesse. Cette mobilisation vise à dénoncer l’impact des choix budgétaires du gouvernement sur les enfants, les jeunes et les familles, ainsi que les conséquences très concrètes de ces décisions sur les conditions d’accueil, d’accompagnement et d’émancipation. Les détails de cette mobilisation ne sont toujours pas connus. Nous vous proposons de bloquer la date à l’agenda. Il nous semble en effet important de manifester collectivement notre désaccord au Gouvernement et d’attirer l’attention de l’opinion publique sur la situation. Nous reviendrons vers vous dès que nous disposerons d’autres informations.
Ci-dessous, vous trouverez
- Le kit de mobilisation détaillant les actions possibles, les messages clés et les outils de communication à relayer ;
- Le Manifeste « ASSOCIATIONS EN DANGER », qui présente nos constats et nos revendications.
Partagez ces documents dans vos équipes, auprès vos publics et au sein de vos réseaux.
C’EST L’AFFAIRE DE TOUTES ET TOUS !
Chaque geste, chaque relais, chaque discussion compte pour faire vivre cette mobilisation collective.














